C’est devant une salle comble, au théâtre Arriaga de Bilbao, que René Vautier a reçu hier soir un Mikeldi d’honneur, lors de la cérémonie d’ouverture de la 51e édition de « Zinebi », Festival International du Cinéma Documentaire et du Court métrage de Bilbao. Zinebi voit en René Vautier « l’homme le plus censuré de France » par sa persistance à montrer dans ses films la lutte pour la liberté d’expression.
Pendant le festival, trois films de René Vautier seront présentés au public. Tourné en 1950 mais toujours très actuel, Afrique 50 démontait les mécanismes du colonialisme sur le continent noir. Peuple en marche, présenté en 1963, se penchait sur les activités de l’extrême-droite française. Antimilitariste, Avoir 20 ans dans les Aurès revenait, en 1972, sur le conflit franco-algérien avant l’indépendance.
Né à Camaret d’un père ouvrier et d’une mère institutrice, René Vautier a aussi su rattacher la Bretagne à son œuvre. En 1978, il réalisait Marée noire et colère rouge, consacré à la marée noire de l’Ammoco Cadiz. Filmé en quelques semaines après la catastrophe, le film fut très rapidement diffusé, y compris sur les places publiques. Les images et le montage de Vautier permirent à nombre gens de prendre conscience de l’ampleur de la catastrophe, qui allait bien au delà des présentations édulcorées des journaux télévisés de l’époque. Le film fut immédiatement élu meilleur film documentaire mondial au festival de Rotterdam.
Une autre interview de René Vautier, où il fait le point sur son œuvre, est disponible sur La Télélibre. Particulièrement poignant quand il évoque les jeunes qui regardent et s’inspirent de ses films.















