• L'actu vue depuis la Bretagne
 
 
Refus

Jean-Jacques Urvoas ne participera pas au débat sur l’identité nationale

lundi 14 décembre 2009

Après avoir expliqué sa conception de l’identité, et « n’ayant aucune envie de l’adapter aux critères d’une quelconque définition officielle, vous me permettrez de rester à l’écart d’un débat dont je n’attends rien de positif et qui me fait redouter le pire » écrit aujourd’hui Jean-Jacques Urvoas au Préfet du Finistère pour lui signifier son refus de participer au débat sur l’identité nationale

Llettre adressée par Jean-Jacques Urvoas, député du Finistère, à M. Pascal Mailhos, préfet du département.

« Je vous informe qu’il m’est impossible d’y répondre favorablement. D’abord parce que, comme vous le savez, mon mandat parlementaire me conduit, comme tous mes collègues en principe, à être présent à l’Assemblée nationale chaque mardi. Ensuite et surtout parce que, sur le fond, la démarche initiée par le Gouvernement en la matière me semble pour le moins suspecte à bien des égards.

Mes réserves sont d’abord d’ordre méthodologique. Je considère qu’il n’appartient pas à un Etat, quel qu’il soit, d’arrêter ce que devrait être, ou ce que ne devrait pas être l’identité de ses ressortissants. Celle-ci est par essence une réalité mouvante, évolutive, subjective, touchant à l’histoire personnelle de chaque être humain, aux rencontres qu’il a pu faire, aux événements qui ont pu marquer son existence.

Dès lors, l’élaboration d’une définition officielle applicable à chacun me semble au mieux une ineptie intellectuelle, au pire un vecteur d’intolérance. Une ineptie intellectuelle car une telle initiative revient à nier en dépit du plus élémentaire bon sens l’autonomie croissante de la société civile et de l’individu par rapport aux pouvoirs politiques et administratifs. Un vecteur d’intolérance car en enfermant le sentiment d’appartenance dans une définition quasi-sacralisée imposée du sommet, on se résout inéluctablement à laisser sur le bord du chemin tous ceux qui ne se reconnaissent pas en elle ou qui sont incapables de s’y conformer.

Je nourris à cet égard les pires craintes quant à la manière dont ce malheureux débat s’engage. Le lien consubstantiel artificiellement créé par ses promoteurs entre identité nationale et immigration revient ainsi à mon sens à laisser accroire de façon insidieuse que l’étranger représente le problème, que sa prétendue incapacité à s’intégrer ou à s’assimiler constitue la cause de tous nos maux.

Une telle présentation, outre qu’elle est erronée, me semble terriblement maladroite, voire dangereuse car susceptible d’alimenter cette vieille tentation xénophobe dont notre pays, hélas, a toujours tant de mal à se prémunir.

Je dois dire que j’ai par ailleurs été passablement interloqué par la teneur du « mot » que Monsieur Eric Besson a diffusé sur le site Internet dédié à cette campagne : « (…) Les dérives du nationalisme, le développement de nouvelles formes de communautarisme et de régionalisme, la construction progressive d’une identité européenne, et la mondialisation accélérée des échanges apparaissent à certains comme susceptibles de remettre en cause l’idée même de Nation. »

Un tel passage ne me paraît que trop révélateur de la méthode qui prévaut dans l’organisation de ce débat, – une méthode fondée sur la confusion des genres – communautarisme et régionalisme, nationalisme et construction européenne… – et peut-être même sur une sorte de stigmatisation larvée de tout ce qui ne serait pas purement national.

On peut être à la fois immigré d’origine malienne, breton, français, européen, citoyen du monde et autre chose encore, et personne ne devrait avoir à choisir entre ces diverses appartenances qui, loin de menacer notre République, l’enrichissent. Telle est pour ma part ma conception de l’identité, et n’ayant aucune envie de l’adapter aux critères d’une quelconque définition officielle, vous me permettrez de rester à l’écart d’un débat dont je n’attends rien de positif et qui me fait redouter le pire. »Je vous informe qu’il m’est impossible d’y répondre favorablement. D’abord parce que, comme vous le savez, mon mandat parlementaire me conduit, comme tous mes collègues en principe, à être présent à l’Assemblée nationale chaque mardi. Ensuite et surtout parce que, sur le fond, la démarche initiée par le Gouvernement en la matière me semble pour le moins suspecte à bien des égards.

Mes réserves sont d’abord d’ordre méthodologique. Je considère qu’il n’appartient pas à un Etat, quel qu’il soit, d’arrêter ce que devrait être, ou ce que ne devrait pas être l’identité de ses ressortissants. Celle-ci est par essence une réalité mouvante, évolutive, subjective, touchant à l’histoire personnelle de chaque être humain, aux rencontres qu’il a pu faire, aux événements qui ont pu marquer son existence.

Dès lors, l’élaboration d’une définition officielle applicable à chacun me semble au mieux une ineptie intellectuelle, au pire un vecteur d’intolérance. Une ineptie intellectuelle car une telle initiative revient à nier en dépit du plus élémentaire bon sens l’autonomie croissante de la société civile et de l’individu par rapport aux pouvoirs politiques et administratifs. Un vecteur d’intolérance car en enfermant le sentiment d’appartenance dans une définition quasi-sacralisée imposée du sommet, on se résout inéluctablement à laisser sur le bord du chemin tous ceux qui ne se reconnaissent pas en elle ou qui sont incapables de s’y conformer.

Je nourris à cet égard les pires craintes quant à la manière dont ce malheureux débat s’engage. Le lien consubstantiel artificiellement créé par ses promoteurs entre identité nationale et immigration revient ainsi à mon sens à laisser accroire de façon insidieuse que l’étranger représente le problème, que sa prétendue incapacité à s’intégrer ou à s’assimiler constitue la cause de tous nos maux.

Une telle présentation, outre qu’elle est erronée, me semble terriblement maladroite, voire dangereuse car susceptible d’alimenter cette vieille tentation xénophobe dont notre pays, hélas, a toujours tant de mal à se prémunir.

Je dois dire que j’ai par ailleurs été passablement interloqué par la teneur du « mot » que Monsieur Eric Besson a diffusé sur le site Internet dédié à cette campagne : « (…) Les dérives du nationalisme, le développement de nouvelles formes de communautarisme et de régionalisme, la construction progressive d’une identité européenne, et la mondialisation accélérée des échanges apparaissent à certains comme susceptibles de remettre en cause l’idée même de Nation. »

Un tel passage ne me paraît que trop révélateur de la méthode qui prévaut dans l’organisation de ce débat, – une méthode fondée sur la confusion des genres – communautarisme et régionalisme, nationalisme et construction européenne… – et peut-être même sur une sorte de stigmatisation larvée de tout ce qui ne serait pas purement national.

On peut être à la fois immigré d’origine malienne, breton, français, européen, citoyen du monde et autre chose encore, et personne ne devrait avoir à choisir entre ces diverses appartenances qui, loin de menacer notre République, l’enrichissent. Telle est pour ma part ma conception de l’identité, et n’ayant aucune envie de l’adapter aux critères d’une quelconque définition officielle, vous me permettrez de rester à l’écart d’un débat dont je n’attends rien de positif et qui me fait redouter le pire. »

 
Publicité

Daktu e brezhoneg

Brezhoneg : mann ebet da c’hortoz a-berzh Pariz

«Moursc’hoarzet o deus izili Breizhistance/Strollad Sokialour Breizh p’o doa desket e oa hegaset Marc Le Fur (kannad UMP Aodoù an Arvor ha bezprezidant bodadeg vroadel bro-c’hall) peogwir ne oa tamm pres ebet war-a-seblant gant Frederic Miterrand evit kemer perzh en ur raktres lezenn all diwar-benn ar yezhoù a vez graet « rannvroel » anezho gant tud zo.» Kemmennadenn.

Langue bretonne. Pour Breizhistance, « il n’y a rien à attendre de Paris »

3 décembre 2009 - Par un communiqué que nous reproduisons ci-dessous, {Breizhistance}, PSB, indique avoir «{appris avec amusement que Marc Le Fur (député UMP de la 3e circonscription des Côtes d’Armor et vice président de l’assemblée nationale française) s’impatientait du manque flagrant d’enthousiasme de Frédéric Mitterand à participer à l’élaboration une d’éventuelle loi sur les langues dites régionales.}»

Bretagne. Christian Troadec dévoilera sa liste vendredi

2 décembre 2009 - Le maire de Carhaix, conseiller régional en congé de la majorité sortante, présentera sa liste «{Nous te ferons, Bretagne}», vendredi prochain, à Lorient.

Deux nouveaux porte-paroles pour le collectif 44=Breizh

2 décembre 2009 - L'assemblée générale de {44=Breizh}, collectif de jeunes militants pour la réunification de la Bretagne, s'est tenu dimanche dernier à Nantes. Deux nouveaux porte-paroles ont été élus.

Bruno Joncour conduira le modem en Bretagne administrative

1er décembre 2009 - C'est la seconde fois que Bruno Joncour est tête de liste aux élections régionales bretonnes. En 2004, c'était sous la bannière de l'UDF. Changement de sigle, mais pas d'état d'esprit, ce sera cette fois sous les couleurs du Mouvement démocrate.

France et Rwanda rétablissent leurs relations diplomatiques. Une histoire de mauvaise langue ?

30 novembre 2009 - Hier, le Rwanda a officiellement intégré le Commonwealth britannique et rétabli ses relations diplomatiques avec la France, rompu depuis 2006. L'événement le plus important était bien-sûr le premier qui annonce probablement un retrait prochain du Rwanda de l'Organisation Internationale de la Francophonie. La conclusion d'un échec diplomatique pour la France ?

Bernadette Malgorn aura son « Poulidor » dans le Finistère

30 novembre 2009 - Dans un communiqué publié à sa sortie de l'Élysée, Jacques Le Guen a déclaré : «{le Président de la République m'a demandé d'accepter d'être second de liste dans le Finistère. J'ai accepté cette proposition dans l'intérêt de la Bretagne,}»

Jacques Le Guen : « Je rencontrerai le président Sarkozy lundi »

29 novembre 2009 - C'est officiel et cette fois définitif. Bernadette Malgorn conduira la liste UMP pour les élections régionales en Bretagne. Et elle sera aussi tête de liste dans le Finistère. Pour Jacques Le Guen, le désaveu est complet.

Loi sur les langues régionales. A quoi jouent les députés UMP ?

29 novembre 2009 - Dans un article publié aujourd'hui dans {L'Alsace}, Éric Straumann, député UMP du Haut-Rhin, affirme qu'une « {proposition de loi sur les langues régionales est prête}. » Qui croire après les propos de Marc Le Fur, Jean-Jacques Urvoas et Martine Faure qui affirment le contraire ?

Loire-Atlantique. Pour le drapeau breton sur les plaques d’immatriculation

28 novembre 2009 - Depuis la création de la région Pays de Loire, intégrant la Loire-Atlantique ainsi placée hors de la Bretagne historique à laquelle elle appartient, nombre de Bretons souhaitent et crient fort leur désir de réunification. Le collectif {Plaques bretonnes 44} en est une nouvelle illustration.

L’Élysée, la “Cité interdite” de la République française

28 novembre 2009 - Le refus de créer une commission d'enquête parlementaire sur les sondages de l'Élysée provoque la colère de Jean-Marc Ayrault. Les socialistes déposeront une nouvelle demande au Parlement dès lundi.

Abonnez-vous à Daktu !

Soutenez un nouveau média indépendant en Bretagne.

  • Daktu, c'est d'abord une rédaction autonome composée de journalistes professionnels, pour un nouveau regard sur l'actualité, vue depuis la Bretagne.

  • C'est aussi un moteur de recherche innovant, qui met en valeur l'actualité liée aux problématiques bretonnes, en scrutant le web parmi plus de 1000 sources en ligne.

  • Et enfin, une interface multilingue et du contenu en breton, pour augmenter la visibilité de la langue bretonne et la rendre accessible à tous les publics.

Déjà 1 000 000 d'articles référencés
par l'agrégateur de Daktu !

  • Profitez d'un moteur de recherche inédit qui suit le flux continu de l'info. Daktu scrute en permanence le web parmi des sources provenant de Bretagne, de France ou du reste du monde pour s'enrichir chaque jour de 4000 nouveaux articles. A terme, tous les sites et blogs bretons disposant d'un flux RSS ont vocation à être référencés sur Daktu.

  • Utilisez le moteur de recherche et affinez vos requêtes sur des communes, des médias ou des personnalités : vous pourrez les sélectionner et les suivre. Un véritable outil au service de l'information !

Organisez des articles et écrivez
les vôtres dans votre édition.

Créez votre édition à travers un espace entièrement personnalisable : construisez votre revue de presse, publiez vos articles, et partagez votre édition avec les lecteurs :

  • En utilisant le moteur de recherche de Daktu, sélectionnez l'info qui vous intéresse, et agencez la page de votre revue de presse : elle se mettra ensuite automatiquement à jour selon les sujets que vous avez choisi.

  • Vous pouvez aussi écrire et publier vos articles dans votre édition, en utilisant une interface de publication toute simple : Spip.

  • Et enfin, faîtes connaître d'autres éditions d'abonnés : vous n'avez qu'à choisir vos préférés et les ajouter à volonté à votre édition.

Votre quotidien de référence,
depuis la Bretagne !

  • En vous abonnant à Daktu, vous permettez de concrétiser le projet ambitieux d'un nouveau média de référence sur la Bretagne, qui favorise le débat et la fait vivre !

  • ~ Une rédaction indépendante, collaborative, qui publie en français et en breton.

    ~ Un agrégateur d'information référençant 4000 nouveaux articles chaque jour, parmi plus de 1000 sources.

    ~ Des éditions personnalisées dans lesquelles chacun peut organiser son info et publier ses propres articles.

1